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OmniDrop : j'ai tout remis à plat (et c'était la bonne décision)

OmniDropP2PSolo Dev

Le problème que je ne voulais pas voir

En mars, je vous ai raconté OmniDrop : transfert local, transfert à distance, messagerie chiffrée, identité OMNI-ID, contacts, anti-spam. Sur le papier, tout y était.

En vrai, quand j'ai rouvert le code en octobre, le constat était simple : l'envoi de fichiers ne pouvait pas marcher. L'écran d'envoi appelait encore l'ancien moteur, dont le récepteur n'était plus lancé. J'avais empilé les fonctions sur une base qui n'avait jamais été testée sur deux vrais appareils.

C'est le piège classique du dev solo avec l'IA : on peut écrire beaucoup de code très vite. Écrire du code n'est pas le problème. Le vérifier, si.

Le marché a bougé aussi

Pendant ces sept mois, le monde n'a pas attendu :

  • AirDrop parle à Quick Share sur les Android récents. Envoyer un fichier d'un iPhone à un Android posé à côté n'est plus un problème.
  • LocalSend 1.18 sait maintenant recevoir depuis un simple navigateur, sans app.
  • Blip fait le transfert par internet et fait payer les pros.

Conclusion : un « AirDrop pour tout le monde » en local ne se vend plus. Ce qui reste ouvert, c'est le presse-papiers partagé entre tous les systèmes et l'envoi hors de ton Wi-Fi sans compte ni cloud.

La décision : ne pas tout réécrire une deuxième fois

J'avais déjà un plan en mars : refaire le cœur sur le protocole ouvert de LocalSend, en 7 étapes. Il s'était arrêté à l'étape 1. La tentation était de repartir de zéro. Je ne l'ai pas fait. Le plan était bon, il fallait le finir.

Les trois premières étapes forment la V1 fiable :

  1. La découverte des appareils sur le réseau, compatible LocalSend
  2. L'envoi de fichiers, avec un critère simple : 10 sur 10, trois tailles de fichier, Mac vers iPhone et Mac vers Android
  3. La réception et le bouton Partager

Ce que la vérification a trouvé

J'ai testé contre le vrai LocalSend, utilisé comme appareil de référence. Trois bugs sont sortis tout de suite :

  • Les types du protocole : OmniDrop envoyait le port et un drapeau en texte au lieu d'un nombre et d'un vrai/faux. LocalSend ignorait donc complètement OmniDrop.
  • Le certificat client : depuis la version 1.18, LocalSend exige un certificat des deux côtés.
  • Le proxy système venait se mettre au milieu des connexions locales.

Aucun de ces bugs ne se voit en lisant le code. Ils sautent aux yeux dès qu'on teste contre la réalité.

Ce qui part en pause

Le chat, l'identité OMNI-ID, les contacts, les versions HarmonyOS et WeChat, la stratégie « entreprise ». Pas abandonnés, juste rangés. Et la limite de transferts par jour de la version gratuite disparaît : face à AirDrop et LocalSend, gratuits et illimités, elle n'avait aucun sens.

La suite

D'abord le test sur deux vrais appareils. Ensuite le presse-papiers, puis le transfert à distance, qui justifiera un petit abonnement parce qu'il coûte de l'argent chaque mois. Et une idée qui me plaît beaucoup : une page publique, du genre omnidrop.app/@toi, où n'importe qui peut te déposer un fichier chiffré.

Une app qui fait une chose parfaitement vaut mieux qu'une app qui en fait dix à moitié.